Laura Perrudin Tempus

BMCCD353 2026

Artists

Laura Perrudin - vocals, lever harp (1, 5, 8, 13), prepared lever harp (2, 4, 6, 10), guitar (3, 7, 9, 11, 14), prepared guitar (12)


About the album

All music and lyrics by Laura Perrudin
except Cruauté (5) : music by Laura Perrudin, composed from a freely assembled and transformed collage of lines taken from Laura Vasquez’s Vous êtes de moins en moins réels
Recorded by Jérémy Rouault and Laura Perrudin at Studio des Bruères with the help of Tony Paeleman
Mixed by Damien Tillaut at La Bourbine with the help of Jérémy Rouault
Mastered by Márton Fenyvesi and Miklós Kovács
Artwork by Laura Perrudin
Produced by László Gőz
Label manager: Tamás Bognár


3500 HUF 11 EUR

Laura Perrudin - Tempus

01 Utempia 4:48
02 Reverse 3:14
03 Time Creases 4:30
04 Le Point du Temps 3:59
05 Cruauté 4:28
06 Time Thieves 3:36
07 Black Light 4:57
08 See 3:55
09 La Lie 3:32
10 Le Nerf de la Guerre 3:44
11 Rhinocéros 3:51
12 Je n’oublie Personne 2:39
13 Meaning 4:12
14 C’est vous qui passez 3:10
Total time 54:22

The album is available in digital form at our retail partners



TEMPUS is a solo for strings. Strings in the form of vocal cords, plucked strings, hacked strings. It is an attempt to feel time differently, not to submit to its passage but to dance with it, to play with it, to make a friend of it.

This is a return to a more raw form of music, acoustic, and minimal. After years of experimenting with the nascent instrument that is the inline chromatic harp (which has become electric) and deploying luxuriant electronic orchestrations, I wanted to create a vacuum around my strings. To put them in the centre, naked, to better allow their spectrums to be heard.

In TEMPUS, I return to my first instrument, that of my childhood: The “Celtic harp” or “lever harp”. As well as the guitar, which until now I have played only in the privacy of my bedroom. Here, the customary functions of these two instruments are often given a twist: they are prepared, tinkered with, hacked.

The tuning of the lever harp explores the possible asymmetry of its different octaves to open up multi-modal harmonic horizons. The way it is played, often pseudo-percussive, is strongly inspired by the language of drumming. Each finger becomes a limb of the drummer’s body that I’ve always dreamed of being, playing the imaginary kick drum or snare of this little kit of prepared strings. 
The guitar is often played like a harp: a modulating harp for the right hand, upside down. 
Together, they form an instrumental chimera with two strung heads, to knit an imaginary and gnarled folk music, artisanal soul criss-crossed by trances of raw noise and impressionist colours.

Each song was woven slowly, spontaneously and intuitively. Without going through musical writing, without trying to understand, but just to feel. Taking advantage of the analytical blindness imposed by at times random open-tunings, it was a question of letting the gesture decide for itself, of letting the ear guide the voice, without the desire to contort the form to a preconceived idea or to customary concepts.

The lyrics oscillate between French and English. Each language is a different instrument-material: English-wood, with its knots, its tonic accent reliefs and its solid joints; French-textile, fluid, undulating.

They each compose and sculpt music in their own way: deploying their own temporalities, colours, textures, resistances, lights, and ways of dealing with meaning.

In TEMPUS, time is the theme, the material, the territory, and the main character of the story. The texts explore the multiple faces and masks of this word that we use indiscriminately, without knowing whether it designates an actual entity, a social convention, a mental construction, or an intimate sensation (C’est vous qui passez).

It claims a right to time in a world that presses, compacts, standardizes and sells it. We listen to it breathe again (Rhinocéros), we twist it, we fold it like a fabric and we explore its tree-like structure populated by ghosts (Time Creases, Reverse). Time heals blindness and closes wounds (Black Light). It reveals images by decanting troubled waters (See). We meet its thieves and exploiters (Time Thieves, Le Nerf de la Guerre), we seek to find the long time (despite urgency) without which no paradigm shift is possible.
It explores old and new ecologies of attention, restoring value to the slow, the non-spectacular, and the “useless”.

In the midst of a world that fetishizes fresh flesh, TEMPUS looks at age and the traces of time as treasures of experience. Death is a friend with whom to dialogue, sing and dance (Meaning) rather than a monster one should look away from (Le Point du Temps). TEMPUS is a musical vanitas, in the sense of the

Baroque tradition: a picture-window onto our relationship with Death and our strategies for turning our eyes away from it (Je n’oublie personne). A Memento mori that tries to contemplate the ephemeral without fear or nostalgia, with joy and playfulness.

In an attempt at temporal utopia (Utempia), – time asserts itself in a free, invented, flexible, and non-commercial territory. The linear and quantitative time of Chronos is deliberately neglected for that of Kaïros, opportune time, and Aïon, cyclical time. A temporal Libertalia is founded, where its own rhythmic and perceptual laws are rewritten.

I try here to inhabit the present as free, gentle, wild, tranquil, and radical water. 
And with these songs, I invite you in.

Laura Perrudin

Translated by Richard Robinson

TEMPUS est un solo à cordes. Cordes vocales, cordes pincées, cordes piratées. On y tente de ressentir le temps autrement, de ne plus subir son passage mais de danser avec, de s’en jouer, de s’en faire un ami.

C’est un retour à une forme musicale plus brute, acoustique et minimale. Après des années d’expérimentations autour de l'instrument naissant qu'est la harpe chromatique à cordes alignées - devenue électrique - et à déployer des orchestrations électroniques luxuriantes, j’ai eu envie de faire le vide autour de mes cordes. De les mettre au centre, à nues, pour mieux en laisser entendre les spectres.

Dans TEMPUS, je reviens à mon premier instrument, celui de mon enfance : la « harpe celtique » ou « harpe à leviers ». Ainsi qu’à la guitare, que je ne jouais jusqu’ici que dans la discrétion de ma chambre. Ces deux instruments sont ici souvent détournés de leurs fonctions habituelles : préparés, bricolés, piratés.

L’accordage de la harpe à leviers explore la possible asymétrie de ses différentes octaves pour ouvrir des horizons harmoniques multi-modaux. Son jeu souvent simili-percussif s’inspire fortement du langage de la batterie. Un doigt est un membre du corps de la batteuse que j’ai toujours rêvé d’être, jouant la « grosse caisse » ou la « caisse claire » fictives de ce petit kit de cordes préparées.
La guitare, elle, est souvent jouée comme une harpe : une harpe modulante pour main droite à l’envers.
Ensemble, elles forment une chimère instrumentale à deux têtes cordées, pour tricoter une folk imaginaire et noueuse, une soul artisanale traversée de transes noise-écrues et de couleurs impressionnistes.

Chaque chanson a été tissée lentement, spontanément et intuitivement. Sans passer par l’écriture musicale, sans chercher à comprendre mais juste à ressentir. Profitant de la cécité analytique imposée par des open-tunings parfois aléatoires, il s’agissait de laisser le geste décider de lui-même, de laisser l’oreille guider la voix, sans volonté de contorsionner la forme à une idée pré-conçue ou à des habitudes conceptuelles.

Les textes oscillent entre le français et l’anglais. Chaque langue y est un instrument-matériau différent : l’anglais-bois, avec ses nœuds, ses reliefs-accents toniques et ses articulations solides ; le français-textile, fluide, ondulant. Elles composent et sculptent la musique chacune à leur façon : déployant leurs propres temporalités, leurs couleurs, leurs textures, leurs résistances, leurs lumières et leurs manières de faire face au sens.

Dans TEMPUS, le temps est la thématique, la matière, le territoire et le personnage principal de l’histoire.
Les textes explorent les multiples visages et masques de ce mot que nous utilisons à tort et à travers  sans plus savoir s’il désigne une entité réelle, une convention sociale, une construction mentale ou une sensation intime (C’est vous qui passez).

On y revendique un droit au temps dans un monde qui le presse, le compacte, le standardise et le vend.
On l’écoute respirer de nouveau (Rhinocéros), on le tord, on le plie comme un tissu et on explore ses arborescences peuplées de spectres (Time Creases, Reverse). Le temps y guérit des cécités et y referme des plaies (Black Light). Il y éclair des images en décantant des eaux troubles (See). On y croise ses voleurs et ses exploiteurs (Time Thieves, Le Nerf de la guerre), on y cherche à retrouver le temps long – malgré l’urgence – sans lequel aucun changement de paradigme n’est possible. On y explore d’anciennes et de nouvelles écologies de l’attention, en redonnant de la valeur au lent, au non-spectaculaire et à l’«inutile».

À la traverse d’un monde qui fétichise la chair fraîche, TEMPUS regarde l’âge et les traces du temps comme des trésors d’expérience. La Mort y est une amie avec qui dialoguer, chanter et danser (Meaning) plutôt qu’un monstre dont il faudrait détourner le regard (Le Point du Temps). TEMPUS est une vanité musicale, au sens de la tradition baroque : un tableau-fenêtre sur notre relation avec la Mort et nos stratégies pour nous en détourner les yeux (Je n’oublie Personne). Un Memento mori qui tente de contempler l’éphémère sans peur ni nostalgie, avec joie et jeu.

Dans une tentative d’utopie temporelle (Utempia) – le temps s’affirme en territoire libre, inventé, souple et non marchand. Le temps linéaire et quantitatif de Chronos est délibérément délaissé pour celui de Kaïros, le temps opportun, et d’Aïon, le temps cyclique. On y établit une Libertalia temporelle où réécrire ses propres lois rythmiques et perceptives.

J’essaye ici d’habiter le présent comme une eau libre, douce, sauvage, tranquille et radicale.
Et par ces chansons, je vous y invite.

Laura Perrudin